Harcèlement au travail : les différents cas

Harcèlement au travail : les différents cas

Le supérieur hiérarchique irascible ou le boss hurleur

Le supérieur hiérarchique irascible est un fléau.

Le supérieur irascible est le plus souvent un anxieux. Il craint (dans le meilleur des cas, on met de côté les narcissiques) :

– de ne pouvoir tenir les objectifs (lorsqu’il a lui-même des comptes à rendre),

– que vous soyez payé à ne rien faire (lorsqu’il n’a pas de comptes à rendre; c’est de sa boîte dont il s’agit).

Le plus fou des deux est le premier, votre N+1. Votre N+1 est en effet sur votre dos en permanence alors que le Boss n’a pas que ça à faire! il a des sautes d’humeur plus espacées mais souvent bien plus redoutables que celles de votre N+1!! Il n’y a pas grand chose à faire pour se prémunir des sautes d’humeur du Boss si ce n’est de supporter ces orages passagers.

C’est celui qui s’accroche à votre dos toute la journée, votre N+1, qui est le plus nuisible car il vous empêche de travailler efficacement.

Il a des comptes à rendre; il est sur le qui-vive; c’est sur lui que ça retombe.

En général, ce type de personne est peu ouverte à la discussion. On ne raisonne pas quelqu’un qui a peur.

Il n’est pas possible, non plus, de le rassurer car le contexte n’est pas rassurant.

C’est un peu comme si vous étiez sur un bateau dans la houle avec un fou hurleur aux commandes; les hurlements n’ont pas le pouvoir de calmer la houle!.

Que faire ?

Tout d’abord, il convient de souligner qu’un responsable irascible n’est pas un harceleur.

Contrairement au harceleur, le responsable irascible ne cherche pas à vous pourrir la vie. Ce n’est pas son but. Certes, le résultat est le même pour vous!! les gesticulations de votre responsable vous pourrissent la vie au travail, mais vous n’êtes pas le (la) seul(e) à le supporter. Vos collègues en font les frais aussi. La souffrance au travail est supportée collectivement. Alors que la victime d’un harceleur est seule dans sa situation. Elle souffre dans son coin et ses collègues, en général, la mettent à l’écart. C’est toute la différence. Il faut que vous puissiez analyser votre situation et repérer si vous êtes victime de stress au travail ou de harcèlement. Il est important de faire la distinction.

Le pire, face à l’hystérie, c’est de faire le dos rond et d’attendre que l’orage passe. Ca ne sert à rien.

En général, l’hystérique a épuisé des tas de gens avant vous qui ont fait le dos rond; et son hystérie n’est pas passée!

La meilleure arme contre l’hystérique, à mon avis, serait de l’enregistrer.

Certes, l’enregistrement n’est pas un mode de preuve recevable en justice s’il est fait à l’insu de la personne enregistrée.

Il en va différemment, toutefois, lorsque la personne, dont on enregistre les propos, ne peut ignorer qu’elle est enregistrée. Ainsi par exemple, si un SMS ou un message vocal peuvent servir de preuve, c’est parce que celui qui a laissé le SMS ou le message vocal ne peut ignorer leur enregistrement.

La solution est donc la suivante: dès que l’hystérique hausse le ton, vous brandissez votre portable et vous lui dites « je vous enregistre ». Peu importe ce que fera l’hystérique; peu importe qu’il vous confisque votre portable (il n’a pas le droit et vous lui dites « vous n’avez pas le droit »!). Vous aurez pris soin, de toute façon, de dissimuler un autre appareil qui aura enregistré l’échange.

Si vous voulez prouver que vous êtes sans cesse dérangé(e) vous brandissez votre portable et vous dites « je vous enregistre Mme X ou M Y, mardi 10 janvier 2016, 9H30 ».

Si le responsable vous demande de vous justifier, vous dites que vous voulez prouver que vous êtes sans cesse dérangé(e) et ne pouvez travailler dans de bonnes conditions; que vous faites cet enregistrement pour en discuter avec votre responsable et la direction et trouver une solution car ces conditions de travail sont intenables.

Quand la personne revient 10 mn après vous brandissez à nouveau votre portable et vous dites « je vous enregistre Mme X ou M Y, mardi 10 janvier 2015, 9H40 » et ainsi de suite…

L’important, c’est de tenir bon.

Votre responsable sait très bien, au fond de lui-même, qu’il est insupportable.

Le mieux, évidemment, serait que vous soyez plusieurs à agir de la sorte…

Mais bon! ne rêvons pas !.

En agissant ainsi, vous pourrez vous sortir de l’enfer. Vous aurez rendu un fier service à vos collègues autant qu’à vous même!

Certes, il est peu probable que quiconque, aujourd’hui, ait le courage d’utiliser cette arme de l’enregistrement ostensible!

Il faudrait, pour ça, qu’une nouvelle génération, plus déterminée, nous succède…

Le stress au travail: comment l’éviter

Pour ne pas stresser au travail, il est recommandé :

– d’être un peu au-dessus du niveau de compétence requis pour le travail; vous ne devez pas être trop compétent car sinon vous vous ennuierez; vous ne devez pas être juste au- niveau, sinon vous souffrirez. Il est vivement conseillé de n’accepter que les responsabilités pour lesquelles vous vous sentez compétent; si des responsabilités vous sont proposées en dehors de vos compétences, c’est un piège.

– de ne surtout pas montrer que vous pouvez en faire plus; donnez toujours l’impression d’être à votre limite; lorsque l’employeur vous demande où vous en êtes, prétendez être moins loin que là où vous en êtes réellement; ça vous laisse une marge pour vous organiser. Dites toujours que vous faites le maximum.

– de repérez les tâches récurrentes. Dans tout emploi il y a des répétitions. Si vous vous donnez de la marge, vous aurez le temps d’organiser votre travail.

– de faire respecter, autant que possible, vos horaires. Il est fort déconseillé d’accepter un travail dans une boîte où il est de bon ton de dépasser l’heure voire même de revenir le week-end sans aucune compensation (et même avec compensation d’ailleurs!). Il y va de votre santé. Accepter ces conditions c’est ne pas se rendre service et nuire aux autres salariés. Accepter ces conditions c’est participer à l’ubérisation de la société.

Lors d’un entretien d’embauche, si le recruteur vous demande si vous êtes à cheval sur les horaires, attendez-vous à travailler comme un damné pour une paye équivalente à 35 heures. Ne croyez pas qu’un tel employeur vous sera un jour reconnaissant!

Intéressez-vous à l’âge des salariés de la boîte. S’il n’y a que des jeunes (moins de 30 ans) c’est qu’il y a un fort turn over. C’est une boîte où on ne progresse pas. Le temps passé dans cette boîte est du temps perdu. Ne travaillez pas, par exemple, pour une entreprise de type AMAZON.

Après une restructuration le stress inévitable de ceux qui restent.

Une restructuration à la suite, par exemple, d’une fusion-acquisition, entraîne, le plus souvent, des départs de personnels; les départs de ceux qui ont accepté un accords transactionnel ou même de ceux qui ont démissionné; les départs de ceux qui ont été licenciés pour motif personnel (faute) plutôt que pour motif économique afin d’éviter les plans sociaux (v° cet article encore d’actualité: http://www.alternatives-economiques.fr/licenciements–la-grande-triche_fr_art_206_24286.html); les départ, enfin, de ceux qui ont été licenciés pour motif économique pour suppression de poste. (La Cour de cassation considère qu’il y a suppression de poste, lorsque les tâches du salarié licencié sont maintenues mais ont été attribuées à d’autres salariés de l’entreprise).

Ceux qui restent se retrouvent ainsi soudainement en surcharge de travail.

Ces salariés, qui croient avoir eu la chance d’éviter le licenciement, voient subitement leur charge de travail et leurs responsabilités accrues alors que leur salaire reste inchangé.

Ces salariés, à qui on demande l’impossible (occuper 2 voire 3 postes pour le prix d’un), se retrouvent très vite dans une situation critique. Refuser cette surcharge de travail leur est pratiquement impossible. Il leur est difficilement possible d’opposer à l’employeur que cet accroissement de charge de travail équivaut à une modification de leur contrat de travail.

L’employeur soutiendrait (non sans raison) que ces nouvelles tâches correspondent à leurs qualifications. Le Cour de cassation considère, en effet, que dès lors que la modification des tâches proposées par l’employeur n’a pas d’incidences sur la rémunération et la qualification du salarié, il n’y a pas modification de son contrat de travail (Soc. 13.10.2010, pourvoi n°09-65986).

C’est la raison pour laquelle l’employeur ne modifie pas le salaire ni la qualification du salarié !. Le salarié fait des heures supplémentaires, voilà tout!

La situation est différente si le salarié peut prouver que sa qualification a changé, qu’il effectue des tâches différentes de celles qui étaient prévues dans son contrat de travail, les fonctions par exemple d’un salarié qui bénéficiait d’un grade supérieur au sien et d’une rémunération supérieure.

Il convient de souligner, toutefois, que le salarié qui refuse d’effectuer les tâches qui lui sont demandées en faisant valoir que cela revient à lui imposer une modification de son contrat de travail, est bien téméraire!! Il risque, en effet, un licenciement pour faute. Et même s’il gagne aux prud’hommes et qu’il obtient des dommages et intérêts pour rupture abusive du contrat de travail, le résultat est bien amère : il se retrouve sans emploi !

L’employeur le sait bien. Et c’est la raison pour laquelle le stress au travail est aujourd’hui si répandu. Car le salarié sait bien que, hors de l’entreprise, il risque de se trouver au chômage, et pour longtemps…!

Pour ceux qui restent: du stress à la rupture du contrat de travail.

Il est peu probable que vous puissiez rester longtemps à votre poste en situation de « surbooking ».

La solution idéale mais longue et difficile à mettre en oeuvre serait, pour vous, de devenir « salarié protégé ». Pour cela, vous devez prendre contact avec un syndicat. Celui-ci cherchera à savoir si vous êtes réellement motivé par l’action syndicale ou si votre seule préoccupation est la sauvegarde de votre emploi! il faudra être persuasif!

A part ça, il y a malheureusement peu de pistes.

Si votre poste est conservé suite à une restructuration, vous resterez tant que vous pourrez le supporter.

Il vous est vivement conseillé, pendant le temps que vous êtes encore en poste, de notez vos heures chaque jour et cela, même si vous êtes au forfait (les conventions de forfait sont souvent illégales). Notez également, de la façon la plus détaillée possible, ce que vous faites. Pour prouver vos heures, adressez vous un mail à chaque prise de poste et en fin de journée de travail. Conservez autant que possible les échanges de mails avec vos supérieurs. Notez les réflexions désagréables qui peuvent vous être faites, que ce soit par vos supérieurs ou vos collègues, en notant le jour et l’heure. Ces éléments pourront vous être utiles pour caractériser une situation éventuelle de harcèlement.

Si la situation est intenable, écrivez à votre employeur en recommandé, pour lui exposer votre situation de surbooking. Si vous ne le faites pas, on vous reprochera de ne vous être jamais plaint.

Si votre employeur ne vous répond pas, adressez un courrier à l’inspection du travail pour exposer votre situation. Prenez soin de préciser que cette situation est le résultat de la restructuration.

Pour éviter de vous retrouver en arrêt maladie chronique et finalement en inaptitude, il vous est vivement recommandé de ne faire que ce que vous pouvez faire dans une journée de 8h00 de travail. La tentation est grande de rester au-delà. Sauf si l’employeur vous le demande expressément et vous paye en conséquence, l’arrangement qui consiste à faire plus, pour le même prix, « parce que autrement vous risquez de perdre votre boulot », est très mauvais !. Sachez que, de toute façon, vous perdrez votre boulot! Personne ne peut tenir à un rythme de 11h par jour, 5 jours / 7 (sans compter les week-ends sacrifiés pour telle ou telle raison liée à l’urgence) sans finir par rencontrer des problèmes de santé.

Il arrivera nécessairement un moment où s’instaurera un bras de fer entre l’employeur qui exigera toujours plus et vous même qui chercherez à préserver votre santé.

Au moment où l’employeur sentira que vous êtes « à bout », il cherchera à se débarrasser de vous. Vous recevrez alors le courrier fatidique.

Ce courrier commence ainsi: « Monsieur (Madame), nous avons eu à déplorer une fois de plus que (description de faits totalement mensongers). Malgré nos observations, dont vous n’avez pas tenu compte, vous avez persisté à (re-mensonges). Nous vous demandons de vous ressaisir etc… »

Il y a des boites qui ont des lettres types dans le genre, dont l’objectif est de mener le salarié à la démission ou l’inaptitude.

En général, le salarié, dans sa grande naïveté, répond pour dire qu’il ne comprend pas; qu’on ne lui a jamais fait un quelconque reproche jusque là etc…Et il fournit moulte explications pour dire à quel point il s’investit dans son travail, à quel point les reproches qu’on lui fait son injustes.

S’ensuit alors un courrier de l’employeur du type « Votre longue lettre ne laisse pas de nous étonner. Non seulement vous ne voulez pas reconnaitre les faits, mais en plus vous vous entêtez à prétendre, de façon tout à fait mensongère que (mensonges). Par ailleurs, nous avons pu constater que (là, l’employeur rajoute un fait dont il n’a pas parlé dans la première lettre).. »

Dans votre grande naïveté, vous répondez point par point pour contester ces nouveaux faits qu’on vous reproche.

Parallèlement, l’ambiance, dans la boite, ne cesse de se dégrader. Vous vous apercevez que vos collègues prennent leurs distances par rapport à vous. Vos collègues s’imaginent qu’ils ne se retrouveront jamais dans la même situation que vous! quelle naïveté! et ils font le jeu de l’employeur pour vous pousser vers la sortie.

L’objectif de cette mise en scène est de vous faire perdre toute assurance; vous avez l’impression de ne plus savoir par quel bout prendre votre travail. Vous vous épuisez. Vous tombez malade.

Pendant votre arrêt, votre employeur vous contacte pour vous demander.. n’importe quoi (il saura trouver). Il vous contactera même plusieurs fois…histoire de maintenir le contact!.

A votre retour, attendez-vous à une situation encore plus stressante. Votre travail est dévalorisé par votre hiérarchie; vos actions positives sont ignorées; vos objectifs sont considérés comme jamais remplis (même si, en réalité, vous les avez dépassés!).

Lorsque vous constatez ainsi, un écart évident, entre votre propre appréciation de votre travail et celle de votre employeur, c’est que vous êtes très près de la porte.

Un conseil si vous constatez que vous êtes dans cette situation :

Pendant qu’il en est encore temps ! prenez le choses en main!! prenez soudainement de la distance.

Il n’y a rien de plus déstabilisant, pour un employeur harceleur (car l’employeur qui cherche à vous faire démissionner est un harceleur), que de se retrouver, du jour au lendemain, face à un salarié serein et en bonne santé, alors qu’il le croyait mûr pour la démission ou le burn out.

Il faut que subitement tout glisse sur vous et que vous ayez une attitude « zen » inédite . Lorsque l’employeur vous fait des remarques, vous répondez de la façon suivante: « j’en suis désolé; je ferai de mon mieux; j’en prends bonne note. Croyez bien que je fais l’impossible etc… ».

Surtout, ne cherchez plus à prouver que vous avez rempli vos objectifs, que votre employeur se trompe. Au contraire, donnez lui subitement raison. Dites « vous avez raison; je vais faire le nécessaire..etc ».

L’employeur cherchera encore à vous saper le moral. Vous recevrez des mails de plus en plus durs, énervants, injustes, insupportables. Vous aurez envie de répondre de façon virulente, cinglante.

Vous n’en ferez rien !

Vous vous contenterez de faire des réponses neutres et très courtes.

Si jamais vous devez passer un entretien annuel d’évaluation dans un tel contexte, préparez vous à affronter des responsables très agressifs, qui chercheront a vous faire sortir de votre « zenitude ».

Tenez bon!! Restez sobres dans vos réponses. A chaque critique répondez « je veillerai à améliorer ce point », « vous avez probablement raison »; « je m’en souviendrai la prochaine fois.. »!!

Il faut que l’employeur se rende compte que vous avez bien compris son manège et que vous avez intégré le fait que votre contrat de travail touche à sa fin.

Parallèlement, essayez de vous poser sérieusement la question de ce que vous allez faire après.

Si vous tenez bon, vous vous apercevrez que votre employeur changera vis à vis de vous du tout au tout. De deux choses l’une: ou bien il abandonnera la partie et tout rentrera dans l’ordre. Il faudra rester néanmoins sur le qui-vive et continuer à envisager de quitter l’entreprise.

Ou bien il vous licenciera pour faute en invoquant un prétexte bidon tout en sachant qu’il n’aura aucune chance de gagner au prud’hommes. Ou bien il vous proposera une rupture conventionnelle.

En tout état de cause, vous aurez échappé à la démission et au licenciement pour inaptitude!

Si vous avez fait de nombreuses heures supplémentaires non payées, c’est le moment de préparer un dossier et d’inclure une demande de rappel de salaires dans la négociation! Si l’employeur choisit le licenciement pour faute grave, c’est le moment de demander, en plus du reste, des dommages et intérêts pour le harcèlement moral qu’il vous a fait subir..

La mise au placard : quelques pistes pour sortir de l’isolement

L’hypothèse envisagée: Votre bureau a été déplacé. Vous n’êtes plus mis en copie des échanges de mails concernant votre domaine de compétence. Une personne a été embauchée soi-disant pour vous seconder; en réalité, cette personne vous remplace. Vous n’avez plus accès à l’intranet. Vous n’avez plus aucune directives. Vous n’êtes plus informé(e) des réunions etc…

Rappel de vos droits:

Fournir du travail au salarié est une obligation essentielle de l’employeur; l’employeur doit même fournir au salarié du travail suffisant (Soc. 9 juin 2015, n°13-26834).

L’employeur qui ne fournit pas de travail à son salarié commet un manquement grave à ses obligations; ce manquement justifie la rupture du contrat de travail aux torts de l’employeur.

Le salarié n’est pas obligé, toutefois, de demander la rupture de son contrat de travail. Il peut solliciter sa réintégration dans ses attributions, sous astreinte.

Comment prouver sa mise au placard ?

La difficulté principale réside dans le fait que personne n’acceptera de vous aider. Lorsque vous êtes mis au placard vous êtes une sorte de pestiféré(e). Vous ne pouvez compter que sur vous-même.

Vos mails et courriers :

Vous pouvez adresser d’abord un mail à votre employeur pour lui signaler que vous n’avez rien à faire depuis telle date et que vous lui demandez ce que vous avez à faire (c’est l’idée générale; il faut étoffer avec des détails du genre : depuis telle date je ne suis destinataire d’aucun mail; je n’ai plus d’accès à l’intranet etc..)

Faute de réponse (ou réponse insatisfaisante) vous réitérez.

Faute de réponse, vous adressez un courrier AR à votre employeur avec copie à l’Inspection du travail.

Si ça donne quelque chose, tant mieux.

La saisine du Conseil de Prud’hommes en référé.

Sinon, vous saisissez le Conseil de prud’hommes en sa formation de référé pour demander au Conseil d’ordonner à votre employeur de préciser la mission ou le dossier dont vous êtes en charge. Vous produirez vos mails restés sans réponse.

Si l’employeur ne se présente pas, le juge des référés rendra une ordonnance qui obligera votre employeur à préciser le contenu de votre mission ou le nom du dossier à traiter.

Si l’employeur se présente (lui ou son avocat) ce sera pour dire que vous êtes actuellement en charge de tel dossier, ou de tels clients…Dans ce cas, vous demanderez au Conseil d’acter la réponse de votre employeur. Disons qu’il prétende que vous êtes en charge du dossier Durand.

Vos mails et courriers.

Dans les jours qui suivent nous supposons que vous n’avez toujours pas de travail.

Vous adressez alors à votre employeur un mail pour lui demander de faire le point avec lui sur le dossier Durand.

Si vous n’avez pas de réponse vous insistez par mails et par courrier.

Vous mettez en copie de ce courrier un maximum de gens : inspection du travail, CHSCT, CE, DP etc..

Vous pouvez demander un rendez-vous à l’Inspection du travail pour expliquer la situation, en joignant à votre courrier copie de l’ordonnance du CPH. L’inspection agira peut-être ….

La saisine du Conseil de Prud’hommes au fond.

Si rien ne bouge, vous saisissez le Conseil de prud’hommes au fond (saisine en audience de conciliation d’abord).

Si vous ne souhaitez pas que votre contrat soit rompu, vous demandez des dommages et intérêts pour manquements graves de l’employeur à ses obligations contractuelles.

Si vous souhaitez quitter cette entreprise, vous demanderez la résiliation judiciaire de votre contrat de travail aux torts de l’employeur et les indemnités de rupture (indemnité de licenciement, préavis), des dommages et intérêts pour licenciement sans cause réelle et sérieuse, des dommages et intérêts pour manquements graves aux obligations contractuelles.

A l’appui de vos demandes, vous produisez l’ordonnance de référé du CPH, les mails que vous avez adressés à votre employeur et le courrier à l’Inspection du travail et éventuellement la copie du courrier que l’Inspection du travail aura peut être adressé à votre employeur.

Au vu de ces documents, l’employeur sera obligé de produire des éléments de nature à démontrer que vous avez du travail.

Or, l’employeur ne pourra rien produire sur votre travail puisque vous n’en avez pas !

A ce niveau, il est fort probable que l’employeur vous propose une rupture conventionnelle.

Vous n’êtes, bien évidemment, pas obligé(e) d’accepter une rupture conventionnelle!

En résumé:

Vous avez les moyens de vous sortir seul(e) d’une mise au placard. Il faut évidemment adapter vos écrits aux réactions de l’employeur. Chaque situation reste, en effet, unique; mais les moyens d’agir existent toujours.


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