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Le ministre de la Santé du Québec, Yves Bolduc, a voulu calmer le jeu, vendredi, au sujet des marges d'erreur importantes dans les tests sur les marqueurs du cancer du sein, révélées par une étude de l'Association des pathologistes. Il s'agit de tests importants, puisqu'ils déterminent le traitement approprié pour le cas étudié.
Sentant que les révélations de l'étude causaient beaucoup d'anxiété aux patients subissant des traitements en oncologie, le ministre a eu une rencontre avec les associations de médecins. M. Bolduc a promis de dire la vérité et d'être transparent dans ce dossier. « On met tous nos intérêts de côté pour en avoir un seul, celui des patientes », a déclaré le ministre.
Yves Bolduc a annoncé qu'il rencontrerait dimanche un comité d'experts formé de pathologistes et d'hémato-oncologistes pour discuter des moyens de fournir des tests de la meilleure qualité possible et de rassurer les patients. Entre-temps, l'Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et le Collège des médecins révisent l'étude dirigée par le Dr Louis A. Gaboury, président de l'Association des pathologistes.
La réunion de dimanche servira à valider ou invalider les résultats de l'étude. Le ministre de la Santé, qui doit rencontrer les médias à l'issue de la rencontre, et les spécialistes pourraient ensuite être en mesure de dire si les femmes atteintes devront reprendre les tests servant à déterminer si elles doivent être traitées à l'Herceptin ou par hormonothérapie. Yves Bolduc admet maintenant que cela est une possibilité.
Un signal d'alarme
L'étude s'appuie sur un faible échantillon de 15 patientes ayant effectué des tests envoyés dans 25 des 140 laboratoires de pathologie du Québec. Alors qu'il semblait remettre en question sa validité la veille, le ministre Bolduc a dit vendredi que « l'étude a l'air d'être valable ».
« Le Dr Gaboury nous éveille à une problématique qui pourrait survenir. Il n'a pas dit qu'il y avait des problèmes. Il a dit qu'il y avait quelque chose d'explosif qui pourrait survenir », a précisé Yves Bolduc, lui-même médecin.
« Ce que cela veut dire également, c'est qu'on n'attendra pas de faire une autre étude qui va prendre des mois avant de prendre des décisions pour notre population du Québec, pour répondre autant aux soins des patientes qu'à leur anxiété », a expliqué le ministre.
M. Bolduc a rappelé que Québec travaillait depuis un an à mettre sur pied un système d'assurance qualité en pathologie à l'échelle de la province. « On ne peut pas monter un système d'assurance qualité québécois en l'espace d'une semaine. Par contre, au Québec, il y a de la qualité qui se fait dans les laboratoires et on a également une excellente équipe de pathologistes », a dit M. Bolduc.
Lors de la période de questions à l'Assemblée nationale, le Parti québécois a révélé que le gouvernement et l'INSPQ avaient obtenu l'étude de l'Association des pathologistes dès le mois d'avril. Le porte-parole péquiste en matière de santé, Bernard Drainville, a martelé que Québec aurait dû agir plus tôt dans ce dossier. « Tout ce que le ministre a à nous dire ce matin, c'est: "Je n'étais pas au courant." Ce n'est pas acceptable », a lancé M. Drainville.
Le ministre Bolduc maintient ne pas avoir été mis au courant de l'étude avant que Radio-Canada n'en fasse état dans un reportage. Il dit en fait n'en avoir pris connaissance comme tel que ce vendredi, alors que son ministère faisait de même jeudi.
M. Bolduc soutient que si ni lui ni son ministère n'ont été au mis au courant plus tôt, c'est parce le Dr Gaboury avait, jusqu'à ce que l'affaire éclate, diffusé ses résultats uniquement auprès de collègues pathologistes, dans le cadre d'un comité lié au Laboratoire de santé publique du Québec. Or, ce comité, dit-il, n'avait pas à faire rapport au ministère. Le ministre soutient qu'il ne s'agissait d'ailleurs que de résultats bruts.
Yves Bolduc a aussi invité l'opposition à laisser tomber les débats partisans. « Je demanderais aux gens de ne pas jouer le jeu, de commencer à jouer sur l'anxiété des gens », a dit le ministre.
De son côté, le premier ministre Jean Charest a reconnu que les femmes atteintes d'un cancer du sein pouvaient vivre une période d'anxiété. Il a promis que son gouvernement réunirait tous les faits le plus tôt possible.
Le point de vue terre-neuvien
À Terre-Neuve, la commission Cameron s'est penchée l'année dernière sur des erreurs similaires qui ont touché près de 400 patientes. Lors d'une rencontre des ministres de la Santé des provinces et territoires à Québec, en septembre dernier, le ministre terre-neuvien de la Santé, Ross Wiseman, avait averti ses homologues que ce qui était arrivé dans sa province pourrait arriver n'importe où au Canada.
En entrevue à la radio de Radio-Canada, le ministre Wiseman a indiqué qu'en l'absence de normes nationales de contrôle de qualité dans les laboratoires, d'autres provinces pourraient découvrir des erreurs. Il a conseillé au ministre québécois Yves Bolduc d'agir vite, car à Terre-Neuve, plusieurs patientes qui auraient pu être sauvées après la découverte des erreurs ont été prévenues trop tard de celles-ci.
Contribution le : 31/05/2009 08:27
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